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Le Tchad avertit le Soudan qu'il ripostera après une frappe de drone sur des personnes endeuillées ayant fait 17 morts
- Author, Basillioh Rukanga
- Author, Paul Njie
- Temps de lecture: 4 min
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a ordonné à l'armée de riposter à toute nouvelle attaque en provenance du Soudan, suite à une frappe de drone qui a fait au moins 17 morts et plusieurs blessés parmi les personnes assistant à des funérailles.
En uniforme militaire, le chef de l'Etat tchadien a convoqué une réunion de sécurité d'urgence mercredi soir, au cours de laquelle il a ordonné la mise en état d'alerte maximale de l'armée. Il a également ordonné la fermeture totale de la frontière avec le Soudan.
Il a qualifié l'attaque visant la ville frontalière de Tiné d'« outrageuse et d'agression flagrante » contre l'intégrité territoriale du Tchad.
Il a précisé que cette attaque avait eu lieu malgré les avertissements adressés aux deux camps en conflit au Soudan et la fermeture antérieure de la frontière.
Le mois dernier, le Tchad a fermé sa frontière avec le Soudan « jusqu'à nouvel ordre » afin de mettre un terme aux incursions répétées de groupes armés soudanais.
Il a toutefois autorisé des « dérogations exceptionnelles » pour raisons humanitaires, après autorisation des autorités compétentes.
Selon des habitants de Tiné, les victimes de l'attaque de mercredi étaient des personnes en deuil. L'une d'elles, citée par l'agence Reuters, a déclaré qu'elles s'étaient réunies dans une maison pour une cérémonie funéraire au cours de laquelle des lectures du Coran ont été effectuées.
L'attaque a suscité une vague de condamnations, notamment de la part de l'Assemblée nationale et des députés du parti au pouvoir.
« Le gouvernement s'incline avec une profonde consternation devant la mémoire des victimes et présente ses plus sincères condoléances aux familles endeuillées », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Ce dernier a ajouté que le Tchad avait « renforcé le dispositif de ses forces de défense et de sécurité » et était prêt à faire valoir ses droits sur le territoire soudanais « dans le strict respect du droit international ».
Les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire qui contrôle la majeure partie de la région du Darfour occidental frontalière du Tchad, sont soupçonnées d'avoir perpétré l'attaque. Elles nient toute implication et accusent l'armée soudanaise, qui, de son côté, accuse les FSR.
Le gouvernement soudanais a souvent accusé le Tchad de soutenir les FSR en leur fournissant des armes et des mercenaires, accusations que N'Djamena réfute.
Le Soudan est ravagé par une guerre civile qui a éclaté en avril 2023 suite à une lutte de pouvoir féroce entre son armée et les Forces de soutien rapide (FSR).
Ce conflit, toujours en cours, a fait des centaines de milliers de morts et plus de 13 millions de déplacés, dont près d'un million ont trouvé refuge au Tchad, selon l'ONU.
Le Tchad partage une frontière de 1400 km avec le Soudan, une frontière poreuse et souvent difficile à contrôler.
L'ordre donné par le Tchad de riposter à toute future attaque soudanaise fait craindre une possible escalade de la violence dans la région.